Jérôme Bastianelli, Président par intérim du Musée du quai Branly - Jacques Chirac
C’est de l’alchimie entre une collection, un bâtiment et le public que naît un musée. En période de confinement, chacune de ces trois composantes est affectée et nécessite des soins particuliers.
La collection, tout d’abord, qu’il faut préserver, contrôler, maintenir dans les meilleures conditions climatiques possibles. Dans les réserves, des rondes sont effectuées régulièrement, par des spécialistes de la conservation préventive, pour vérifier que les œuvres qui ont traversé les siècles traverseront encore cette crise sans être grignotées par les insectes ou altérées par l’humidité. Même chose dans les collections permanentes, qui, par leur silence, leur absence de vie, prennent l’allure du château de la belle au bois dormant avant l’arrivée du prince charmant.
Le bâtiment, ensuite, qu’il faut surveiller et dont il faut maintenir les équipements techniques en parfait état. Plusieurs personnes se relaient en permanence, prêtes à réagir immédiatement en cas de problème. Elles vérifient le bon fonctionnement des systèmes de climatisation, de surveillance, de lutte contre l’incendie, d’alarmes sonores, de détection de fuites…
Le public enfin, avec lequel il ne faudrait pas perdre le contact. Il ne peut plus venir au musée ? Qu’à cela ne tienne, le musée viendra à lui. A l’initiative du ministère de la culture, l’opération #CultureChezVous s’est rapidement développée, dès le début du confinement. Tous les acteurs, petits ou gros, y prennent part, proposant sur leur site Internet ou sur les réseaux sociaux des présentations d’œuvres, des anecdotes sur l’histoire de l’art, des spectacles.
Alors que l’usage de la vidéo-conférence se développe et quitte le simple champ professionnel - on prend des apéritifs virtuels avec des amis, on attend de nos téléphones qu’ils nous apportent les images de nos parents, de ceux qu’on ne peut plus voir - il est bon de pouvoir, également, « skyper », en quelque sorte, avec la Joconde ou l’art Dogon, au gré des initiatives des uns et des autres. En attendant le jour où le public viendra réveiller nos collections endormies.