« Quant à moi, je veux rester libre, d’esprit, de pensée, d’action. Ne pas me laisser enfermer par les autres ni par moi-même ».

Hans Hartung

Hans Hartung (1904-1989) est un peintre unique dans l’histoire de la peinture, - même si l’on pourrait dire cela de presque tous les peintres ! -, du fait de son rapport à la spontanéité et à l’abstraction.

Il est intéressant de réfléchir avec lui à la notion d’enfermement, étant donné ce que nous avons vécu ces dernières semaines. Beaucoup ont souligné l’ambiguïté de notre « liberté retrouvée », depuis le 11 mai, puisque nous ne sommes pas encore vraiment libres de nos déplacements, de nos envies, de nos relations, de nos habitudes. Mais le confinement n’est pas toujours celui que l’on croit, ni là où on le croit…

Avant le virus, n’étions-nous pas confinés autrement ? Enfermés, non pas dans nos maisons et appartements, mais dans le regard des autres ? Dans les injonctions sociales ? Dans nos obsessions et nos carcans ? Dans notre propre regard : l’idée que nous avons de nous-mêmes et qui ne correspond pas forcément à ce que nous sommes ?

Le confinement auquel nous nous astreignons est sans doute le pire, le plus strict et le plus sévère. Les murs et les portes que nous nous imposons sont faits de nos peurs, de nos timidités, de nos illusions, de nos faiblesses et de nos préjugés… Nos démons ! Et dans ce confinement personnel, il n’y a ni dérogation, ni attestation de sortie. Ce virus qui nous entrave est semblable à ces démons qui nous empêchent si souvent de vivre comme nous le voudrions.

Mais si le médicament contre le virus Covid-19 n’est pas encore découvert, il ne tient qu’à nous d’expérimenter dans notre laboratoire intérieur, à force de tubes à essai, de microscope et de patience, le remède qui nous aidera enfin à être libres !