1) Comment organisez-vous concrètement votre travail de parlementaire européenne depuis le début du confinement ?
Les équipes du Parlement européen ont très vite mis en place une organisation nous permettant de travailler à distance, de nous réunir par visio-conférence. Un outil digital nous permet même d’avoir une interprétation dans nos différentes langues ! Et nous avons pu voter à distance, pour la première fois, le 26 mars, en plénière, les premières mesures d’urgence d’accompagnement de cette crise.
2) L’Europe est-elle à la hauteur de l’ampleur de cette crise pandémique majeure ?
Après un démarrage difficile de la prise en compte par 27 pays d’une situation de crise d’une ampleur jamais vue, l’Europe, malgré ses compétences très limitées en matière de santé, a permis aux Etats d’intervenir avec le maximum d’efficacité. Elle l’a fait de manière très concrète, en facilitant les transferts de malades dans les zones transfrontalières. Elle continue à le faire, en finançant et coordonnant la recherche, ainsi qu’en créant une réserve de matériel médical de première nécessité pour les Etats qui en ont besoin. Elle n’a cependant certainement pas fait assez, faute de détenir les moyens d’action pour mener une véritable politique de santé publique. Cette crise aura révélé cette incohérence. L’Union ne peut pas continuer à fonctionner comme un territoire sans entrave pour les personnes mais qui ne dispose pas des moyens de se protéger face aux menaces sanitaires.
3) Quelles premières mesures d’urgence ont-elles été votées au Parlement européen ?
Un premier plan d’aide de 37 milliards d’euros a été voté à la quasi-unanimité des députés européens. Le Parlement européen a également autorisé l’utilisation du Fonds de solidarité de l’Union européenne. Enfin, nous restons vigilants, quant aux restrictions à la libre circulation des marchandises dans l’Union avec le système « d’axes verts » mis en place pour permettre la circulation du matériel médical et des biens de première nécessité entre Etats européens.
4) Echangez-vous avec vos collègues d’autres Etats membres sur la gestion de cette crise ?
Bien sûr, d’autant que comme vous le savez nos voisins italiens et espagnols ont hélas un temps d’avance dans la propagation dramatique du Covid-19. Mais on ne retient certainement pas suffisamment d’enseignements du vécu concret des différentes mesures mises en place et de leurs conséquences. L’Europe doit être à la hauteur de la gestion de cette pandémie aux conséquences économiques et sociales inimaginables et devra être au rendez-vous de la sortie de crise.
Interview de Sylvie Brunet Députée européenne, vice-présidente du groupe parlementaire Renew Europe